crédit photo David Dalla Longa

Musiqueorageuse

GENREÉLECTROACOUSTIQUE FORMATIONDUO ALBUM2022

FREDJOUVEAUX

(voix, batterie)

JPHILIPPETOMASINI

(guitares justement fausses ou l’inverse, voix, minitaur)

L’historique

Après le trio blUnk (chant, guitare électrique, table de cuisine préparée, violoncelle et surtout… MAO et câbles à gogo) avec notre chère Juliette partie vivre sous des cieux un peu plus… nuageux (aaaaah, la Belgique ! ), nous avons décidé de remettre le métier sur l’ouvrage, en duo cette fois.

Après quelques tâtonnements, où l’on cherche à savoir ce que l’on crée, une idée se dégage : a priori, plus d’ordinateur, de samples ni de MAO cette fois, histoire de tenter des choses différentes.

L’instrumentarium

La rythmique : une batterie, tout simplement.

La guitare : deux guitares acoustiques, toutes deux amplifiées. L’une est très « normale », l’autre l’est moins : inspirée des travaux de Harry Partch, elle permet d’explorer un système microtonal à intonation juste comportant 30 notes par octave. Elle n’a d’ailleurs qu’une octave, et c’est bien suffisant !

La basse : un pédalier moog minitaur, qui pose quelques nappes occasionnelles.

Le chant : une voix principale, celle de Frédéric Jouveaux, parfois chantée, parfois parlée, parfois saturée, soulignée de loin en loin par celle de Jean-Philippe Tomasini, passée au filtre d’un téléphone d’intervention des PTT des années 30 (à peu près)

Les compositions musicales

Il s’agit d’un ensemble en apparence disparate de compositions originales.

La filiation avec le travail du trio blUnk est assumée : la reprise en duo de Je ne veux rien et la présence de En attendant, enregistrement d’une improvisation blunkienne avec Juliette Lacroix au violoncelle en attestent.

Les mesures dites « composées » y ont la part belle, et l’on trouvera aussi quelques incursions dans la musique répétitive.

Les instruments, voix, guitare, batterie, avancent, errent, se croisent, se cherchent parfois dans un espace multiple et contradictoire, comme en déroute, trouvant de temps en temps l’assise d’une basse presque monocorde.

C’est cet espace que l’écoute suivie et « chronologique » du projet, matérialisée par le sillon unique du vinyle, cherche à faire appréhender.

Le corpus de textes

La relecture d’un poème de Jean Tardieu donne son identité au groupe :

« Tout ça qui a commencé
il faut bien que ça finisse

la maison zon sous l’orage
le bateau dans le naufrage
le voyageur chez les sauvages.

Ce qui s’est manifesté
il faut que ça disparaisse

feuilles vertes de l’été
espoir jeunesse et beauté
anciennes vérités.

Moralité

Si vous ne voulez rien finir
évitez de rien commencer.
Si vous ne voulez pas mourir,
quelques mois avant de naître
faites-vous décommander. »

Autour de ce poème huit textes s’assemblent, parfois écrits pour l’occasion, parfois pré-existants.

Ils tentent de mettre des mots sur Zon.

Des mots sous l’orage.